dimanche 18 juin 2017

au jardin : verdure et sauvagerie

Réclamées à corps et à cris (pas moins) par certains, voici quelques photos de l'état de mon jardin mi-juin 2017 ... car figurez-vous que les courgettes sont particulièrement extraordinaires chez moi ;) donc j'ai décidé de vous gratifier de leur vision !


Trêve de blague, s'il y a bien un avertissement à formuler en début d'article, c'est le suivant : ne comptez pas trouver ici de conseils avisés de jardiniers ayant fait leurs preuves, tout chez moi est régi par Sainte Flemme et Sainte Récup.
Enfin, si, soyons juste, vous trouverez au fil des photos 2 astuces (en tout et pour tout) piquées chez les voisins, et totalement efficaces.

La première photo, ci-dessus, vous montre donc un incroyable cerisier qui a 4 ans et croule sous les cerises (on soupçonne que le fait de l'avoir planté plus ou moins sur le trajet d'une canalisation ancienne enterrée aurait un certain rapport avec sa croissance, hum ...). Certes, il faut un peu de place, mais pour nous, planter cet arbre est une réussite totale sur les points qui nous intéressent : pas d'entretien (un tout petit peu de taille quand j'y pense en hiver), il sert aussi de parasol d'une efficacité parfaite, et on peut cueillir son dessert sans se lever de table en ce moment !
Certains pointent le bémol des fruits tombés qui pourrissent et attirent les guêpes : absolument rien à signaler de ce côté-là pour l'instant ...

Pour en finir avec cette photo, l'arrière-plan est occupé par des hortensias. 
Nombreux points positifs :
-adaptés à la région, ils poussent plein nord, sans besoin d'arrosage (sauf période de canicule où, pour tout dire, nous les laissons sécher tranquillement, les fleurs deviennent très moches pour le reste de la saison mais ils repartent toujours l'année suivante)
-on peut les tailler pour limiter leur croissance, mais je n'ai pas le temps tous les hivers et ça n'est pas bien grave ; ça cache le mur gris
-ils sont installés sur une zone qui devait servir aux précédents propriétaires de dépotoir (vieux clous et bouts de verre) mais qui ici permet aux fleurs de bleuir par endroit ! (c'est le fer dans le sol qui fait ça, si je me rappelle bien de ce que j'ai lu)
-cela donne de belles et grosses fleurs à couper, toujours appréciées lorsqu'on les offre


Deuxième photo : tomates en pot et arrosoirs (Bourgogne, XXIe siècle).

Ici, ce qui est à noter, c'est l'expérimentation de la tomate en pot alors que nous avons de la pleine terre pour la même chose !
Problématique : les années précédentes, les tomates en pleine terre avaient tendance à peu grandir, à prendre LA maladie (expression bien du terroir qui nous fait toujours rire - valable quelle que soit la maladie car l'interlocuteur, fin connaisseur, traduira tout seul selon les cas par : mildiou, oïdium, botrytis ...). Et au final, avec 20 pieds de tomates, on mangeait 4 salades à tout casser. Les causes possibles : terrain mal drainé, car terre argileuse et parcelle de potager en contrebas du terrain ; ombrage des arbres voisins etc.

Donc, j'ai mis mes pots (bien drainés ! il ne faut pas rater un seul soir d'arrosage, pour le coup) en plein sud, avec du compost du jardin en bonne quantité.
Les plants ont démarré au quart de tour, ils font 80cm de haut et j'ai déjà des tomates de 5cm de diamètre (alors que plantés le 15 mai).

Et venons-en aux arrosoirs : placés au coin de la porte, pas loin de la cuisine, je les remplis en cours de journée avec l'eau récupérée dans une bassine, placée dans l'évier (eau de lavage de légumes, des mains si pas de savon, de cuisson etc). En un jour, je remplis souvent mes 3 arrosoirs !
Avantages : économies d'eau (même si nous avons un puits), de trajet (arrosoirs au pied des pots), eau à température ambiante, enrichie selon les cas des nutriments de légumes (j'y verse même le jus d'égouttage des conserves de légumes, par exemple !) ... seule l'esthétique laisse un peu à désirer, mais ça ne me chagrine pas tant que ça !

Passons au potager.
Où je fais à peu près tout ce qu'il ne faut pas faire :
-cultiver chaque année les mêmes plantes quasiment au même endroit : pas le choix, je n'ai pas 15 emplacements possibles, et je n'essaye même plus de cultiver tout ce qui est issu de petites graines, elles se perdent dans notre terre argileuse, donc on en reste aux mêmes familles
-serrer les plants : tant pis si je marche sur une feuille de courgette pour aller arroser le reste !
-ne pas pailler : j'ai tenté une année, les mauvaises herbes qui poussent quand même sont plus difficiles à arracher, je trouve


Les pots de plastique perchés ? C'était juste pour bien voir les piquets et ne pas s'éborgner au moment de planter et arroser !


Et comme trop de vert tue le vert, je vous ai fait un plan pour mieux voir tout ça :

(n'est-ce pas que je suis optimiste sur les productions ?!)

Les vieilles tuiles issues de la réfection de la toiture servent de chemin pour être les pieds au sec, très utile !
Groseilles et groseilles à maquereau sont des buissons que je ne peux que conseiller : peu d'entretien et d'arrosage, pas si envahissants, et une belle récolte généralement.

Au verger : Flemme et Récup se disputent le terrain, même si, pour le coup, il faut avoir la chance d'avoir un peu de place.

Ci-dessous au premier plan, on voit un des 6 ou 8 pruniers sauvages qu'on laisse gentiment proliférer. Les prunes crues ne sont pas excellents (acides, trop juteuses) mais en confiture, elles sont extra, et il n'y a quasiment pas de mauvaise année avec les arbres sauvages.
Juste derrière le prunier, on aperçoit (peut-être, avec de bons yeux) un figuier. Issu d'un rejet donné, il va cette année (au bout de 4 ans) faire une jolie production.


Ci-dessous, ce sont le pommier et la ronce que je vous présente. Pommier qui a manqué de taille et dont de nombreuses branches sont hors d'atteinte - MAIS les pommes ne sont pas perdues pour autant, suffit d'attendre qu'elles tombent pour en faire de bonnes compotes !
Les ronces n'attendent même pas qu'on ait le dos tourné pour essayer d'envahir la "pelouse", mais on laisse faire (presque ... on se taille quand même un passage !) puisqu'en fin d'été, on n'a pas besoin de battre la campagne pour cueillir de quoi faire des dizaines de pots de confiture de mûres ! Tous les 2 jours, je fais un tour au jardin, je congèle les fruits récoltés, et au bout de 2 semaines j'ai de quoi faire une belle tournée de confiture.


Pour en finir avec les arbres, voici plus bas un pêcher de vigne donné par un voisin qui désherbait ses plates-bandes et où un noyau avait germé !
Astuce contre la cloque du pêcher : enfermer des coquilles d'oeufs dans un filet (d'oignons par exemple) et le suspendre dans les branches. Très efficace !
Et derrière, un des innombrables sureaux qui prolifèrent (un peu trop) au jardin. On adore leurs fleurs pour infuser le lait des yaourts ou flans, pour ajouter aux confitures et gâteaux. Et leurs fruits pour en faire une confiture, soit seuls soit avec d'autres fruits rouges.


Et enfin, ma haie de framboisiers : patience et longueur de temps ont fait plus que porte-monnaie garni, ici ! De quelques pieds donnés par une collègue, je récupère les rejets année après année pour les replanter dans le prolongement et agrandir la haie. Unique bémol : j'ai bêtement installé cette haie loin du point d'eau en pensant que c'était comme les groseilliers, assez résistant à la soif. Et bien non. Il faut quand même pas mal arroser si on veut des fruits de belle taille !

[Astuce] Quant à la bouteille perchée sur un bâton planté dans le sol, c'est pour effrayer les taupes. Ne me demandez pas pourquoi et comment, mais ça marche ! Une histoire de vibrations dans le sol, je crois ...

18 commentaires:

  1. Ton jardin est super! mais ste Flemme a quand même pas mal de boulot avec les confitures et autres compotes!!!...Merci pour les astuces!
    Bonne soirée!

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    1. ah oui, mais quand on aime on ne compte pas (le temps passé) ! pour moi faire des confitures est un loisir presque équivalent au plaisir qu'on peut prendre en dessinant : tout un art !

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  2. Ton dessin a vraiment son utilité. J'ai suivi un atelier d'agriculture urbaine cette année auprès d'un maraîcher auquel la ville a confié une mission d'expérimentation.
    Tu peux effectivement toujours planter la même chose, même s'il est préférable d'alterner légumes feuilles et légumes racines, à condition de bien amender ton jardin avec du compost naturel que tu fabriques toi-même avec tes pluches, et uniquement tes pluches.
    Je confirme l'effet coquilles d'œuf sur, mais il en faut pas mal dans un grand filet accroché à hauteur des feuilles.
    J'ai planté pour la première fois 3 tomates en pot et 2 melons en suivant les conseils donnés en atelier. En pas mal d'années de potager en pleine terre, je n'ai jamais rien eu de semblable. Mais arrosage 1 jour sur 2 pour que les plantes "aillent fouiller le sol".
    Deux années de flemme et j'ai plein de fleurs de mûres. C'est magnifique, j'aurai des fruits, et je couperai tout.
    Mes hortensias, laisses libres depuis 3 ans, mesurent 2 mètres de hauteur et sont couverts de fleurs. A peine moins grosses, mais en nombre combien de fois supérieur ! Aucun engrais, quasiment jamais d'arrosage.
    Par contre, j'ai réussi une bouture de figuier il y a 2 ans. Il est magnifique, mais une production (même réduite à une seule figue) dans 2 ans, j'ai peine à y croire.
    Tu te fais plaisir, tu fais ce que tu ressens, et ça marche !

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    1. merci pour ce témoignage ! je suis très curieuse d'en savoir plus sur tes remarques concernant la culture en pots : quand tu parles d'arrosage un jour sur 2, c'est bien pour les pots ?? l'expression "aillent fouiller le sol" me fait douter, car en pot, le sol est plutôt limité ! mais si tu me dis que l'arrosage ainsi suffit, je suis prête à suivre le conseil !
      Je reviens sur le figuier : je confirme que l'arbre est depuis 4 ans dans le jardin, par contre, il est très possible que le rejet ait eu déjà 2 ans au moment de l'installation ! ce n'était pas une bouture à proprement parler puisque le rejet avait été pris au pied d'un arbre, et il faisait peut-être déjà 80cm ou 1m...
      Quant à ta dernière phrase "tu te fais plaisir ... et ça marche" c'est malgré tout exagérément flatteur car je dois confesser que cela fait plusieurs années que je n'ai pas été aussi contente du rendu ! J'étais même prête à tout arrêter l'an passé !
      Bref, en tout cas, grand merci d'avoir pris le temps de détailler toutes ces infos !

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    2. Oh non, rien de flatteur dans ce que j'ai écrit ! Tu te laisses aller, par rapport aux idées véhiculées, c'est tout. Je retrouve dans ce que tu fais avec ton jardin la même passion ordonnée, réfléchie, malgré parfois les apparences, que celle que tu mets dans tout ce que tu fais. Tu es très intuitive, et tu fais confiance en tes intuitions.
      Oui, même en pots suffisamment grands, et les tiens me paraissent convenir, tu arroses un jour sur deux. Doucement et généreusement, de façon à ce que l'intégralité du terreau soit bien humidifié. En agriculture urbain, dans 20 cm on peut avoir en bio des carottes, de la salade, des poireaux. Dans 30 cm de hauteur, courgettes, tomates, melons. Tout est une question de qualité de compost. L'atelier m'a permis de vérifier mes observations sur plusieurs années de pleine terre. Pour les pots j'ai appris que c'est de même, le paillage s'il y en a est limité à un jet de confettis.
      Pour le moment, ça marche, je vois pas mal de petites tomates et les melons ont l'air heureux.
      Je te donnerai toutes mes observations. C'est passionnant l'expérimentation !
      MAG

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    3. d'accord ! j'attend tes autres retours, alors !

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  3. Et bien, tout un poème ! je n'ai pas grand chose à dire chez nous car je ne m'en occupe pas, c'est le domaine de l'homme!
    Nous avons aussi quelques arbres déjà présents à notre arrivée (mais la cloque de pêcher n'a pas peur de nos coquilles d'oeufs!), et quelques fruitiers plantés depuis qu'on est là. Les cerises sont encore bien timides et les pommiers, poirier, prunier restent encore bien rares....patience !
    J'aime bcp ton astuce pour l'eau de récup. Nous avons 5 citernes de récupération d'eau des gouttières, il faut de quoi arroser l'immense potager et la serre de 25m! Alors bon, je ne suis pas sure que 3 arrosoirs feront la différence chez nous mais j'aime bien l'idée de ne pas gâcher.
    Sinon, on croule sous les fruits rouges et on a quelques ronces en stock aussi. Actuellement, l'homme prépare une glée de cassis-groseilles-framboises. PAr contre, il a laissé passer la saison du sureau, trop tard pour nous! d'habitude on en fait du pétillant (que j'apprécie bcp à l'apéro avec les grossesses-allaitement!). On se rattrapera peut-etre sur la confiture (anti grippal!). Allez, je ferais lire ton article à l'homme, ça devrait lui plaire!

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    1. euh ... je pense que ça va le faire rire, plutôt, vu le peu de "science" que je mets là-dedans !

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  4. J'aime beaucoup ton article et l'idée de faire comme tu le sens !!!
    Ici les plants de tomates sont en pleine terre et sur un essai de "lasagnes", pour l'instant pas de différence entre les deux. Mon seul pied de courgette survivant vegète très bien, c'est pas cette année que j'aurais des courgettes du jardin !

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    1. disons qu'en jardin comme pour tout, tu peux toujours devenir un spécialiste, moyennant des heures de tâtonnages et de potassage du sujet auprès des pros ... mais même ainsi, il y a aura toujours des ratés. J'ai donc décidé de ne pas me pourrir la vie en essayant de bien faire (vu comme j'ai des tas d'autres passions, si je dois mettre la même énergie partout, je serai lessivée en moins de deux). J'imagine que même en faisant n'importe quoi, c'est toujours "mieux" que de n'avoir qu'un pauvre bout de balcon en ville !

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  5. Merci pour ce chouette article qui m'apprend plein de trucs !!
    C'est rigolo, on fait pareil que vous, on récupère l'eau de la cuisine, on a mis les tomates juste devant la maison et on a mis des petits chemins de tuiles.
    Par contre, on n'arrose quasiment pas, même quand il faut super sec pendant plusieurs jours, les tomates 1 fois par semaine et le reste... quand on y pense ! Et puis tant pis si on ne récolte pas grand chose, mais arroser avec de l'eau potable ça nous rend fou, donc on le fait vraiment quand on est obligés, et puis comme on a aussi la flemme d'arroser avec des arrosoirs et l'eau de récup, on fait vraiment le minimum !
    Ton jardin est super chouette, j'ai hâte d'y planter ma tente haha ;)
    Gros bisous et hâte aussi de te montrer le mien !

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    1. pour l'arrosage, je n'ai sans doute pas très bien précisé : on a la chance d'avoir un puits, donc quand j'arrose (c'est très loin d'être tous les jours non plus! plutôt 2fois par semaine si vrrrraiment c'est la canicule parce que le jardin étant tout en longueur, dérouler des km de tuyau me motive moyen aussi)) ça n'est pas de l'eau potable, c'est plutôt de l'eau qui va retourner tranquillement d'où elle vient en arrosant au passage nos petites plantations !

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  6. Merci pour cet article rafraîchissant pour la vue et le mental ! j'aime beaucoup votre état d'esprit toujours optimiste et encourageant pour la lectrice "procrastinante" que je suis. Quel beau jardin familial et vivant!

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    1. ah oui, c'est sûr que ça n'est pas tiré au cordeau, parfois je le déplore mais ... tant pis, ou tant mieux ! on n'a pas peur de marcher sur une plate-bande impeccable !

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  7. J'adore l'idée de tes arrosoirs d"époque qui attendent leur aumône !! j'adopte !!

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    1. le seul truc c'est qu'il faut avoir plusieurs arrosoirs !

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  8. Si le jardin est aussi beau cette année, c'est sans doute parce qu'il a été bien ameubli avec la grelinette et enrichi de la sueur de retraité (excellent engrais paraît-il!!!) Les framboisiers en ont aussi bénéficié sans quoi on ne verrait que de l'herbe !! Quelle joie pour l'oeil du retraité (mais pas inactif)

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    1. mais oui, je n'ai pas précisé que César était intervenu, alors rendons à César ...

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